samedi 2 septembre 2006

Parkinson : le rôle des pesticides reconnu .

Parkinson : le rôle des pesticides reconnu .
Publie le 27 septembre 2006-Actualise le 27 septembre 2006 : 07h21Le Figaro
Selon une etude menee en 2006 a Harvard, l'exposition aux pesticides augmente le risque de Parkinson de 70%.
POUR la premiere fois en France, la maladie de Parkinson a ete reconnue «maladie professionnelle» par le tribunal des affaires de securite sociale de Bourges pour un ancien ouvrier agricole. L'affaire devrait avoir des consequences majeures en imposant desormais la mise en oeuvre de mesures de protections lors du maniement des pesticides. C'est en effet en arguant du lien recemment decouvert entre l'exposition aux pesticides et la maladie de Parkinson, que cet homme d'une cinquantaine d'annees, atteint depuis 1997, a pu aboutir a cette reconnaissance. En 2002, apres s'etre longuement documente, ce patient qui a travaille toute sa vie en milieu agricole decide de consulter un avocat, persuade que les pesticides manies pendant des annees pouvaient etre a l'origine de son mal. «Avant d'aller devant le tribunal, nous sommes passes devant le comite regional de reconnaissances des maladies professionnelles a Orleans qui a refuse la demande», raconte son avocat, Me Bertrand Couderc (Bourges). En juillet 2005, le tribunal des affaires sociales de Bourges demande l'arbitrage au comite regional des maladies professionnelles de Clermont-Ferrand, qui repond favorablement en mai 2006. Le tribunal de Bourges accepte alors rapidement de qualifier la maladie de Parkinson du plaignant comme maladie professionnelle. Le resultat n'a ete divulgue que la semaine derniere, le plaignant et son avocat preferant s'assurer avant que la Mutualite sociale agricole ne fasse appel. Certitudes C'est a la fin des annees 1990, que les premieres etudes ont indique un lien possible entre utilisation de pesticides et maladie de Parkinson. Mais une, voire deux etudes n'emportent pas l'adhesion en epidemiologie. Des travaux multiples et concordants sont necessaires pour qu'un lien solide entre un facteur de risque et une pathologie soit etabli. «C'est en lisant dans le Quotidien du Medecin en 2004 un article relatant la remise du prix Epidaure au docteur Alexis Elbaz, pour ses travaux sur la relation entre Parkinson et pesticides, que nous nous sommes sentis confortes», raconte l'avocat. Ces travaux menes en France sur 247 malades ont revele une correlation positive forte entre les pesticides et cette maladie, avec une augmentation du risque en fonction du nombre d'annees d'exposition. Depuis, d'autres etudes ont renforce les certitudes. Ainsi, en juin 2006, l'equipe d'Alberto Ascherio de l'ecole de sante publique de Harvard a conclu, sur 143 325 personnes, que l'exposition aux pesticides augmentait le risque de Parkinson de 70%. Ainsi, selon ce travail publie dans Annals of Neurology, 5% des personnes exposees aux pesticides risqueraient d'avoir un Parkinson, contre 3% pour la population generale. Predisposition genetique Neanmoins, les pesticides a eux seuls sont loin d'expliquer la genese de la maladie. «Il faut etre tres prudent, assure le professeur Yves Agid, chef de service de neurologie, hôpital Pitie-Salpetriere. L'expression d'une maladie est souvent liee a des facteurs genetiques modules par l'environnement. Il est fort probable que les pesticides jouent un rôle chez des personnes deja predisposees genetiquement.» La federation CFE-CGC de la chimie a indique, lundi dernier, redouter que cette decision de reconnaître la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle «ne jette une ombre sur les industries de protection des cultures». Cette federation a decide d'attirer «l'attention des employeurs sur les attitudes preventives a faire adopter aux salaries en cas de manipulation des pesticides».
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dimanche 25 septembre 2005

Les phyto peuvent provoquer des maladies graves et irréversibles

Phytosanitaires : prenez des gants ! Mieux vaut prendre des gants avec les phyto. Ce n'est pas qu'une image. Car les produits phytosanitaires sont dangereux pour la santé humaine. c'est René Carozzani, médecin du travail à la MSA des Côtes d'Armor, qui le dit. "Les produits phyto sont dangereux", René Carozzani martèle le message en s'adressant à une petite vingtaine d'agriculteurs. "L'accumulation insidieuse de ces produits dans le corps humain peut, au bout de 30 à 40 ans, provoquer des cancers, des maladies neurologiques, des troubles de la reproduction, des pertes irréversibles de la vue, la maladie de Parkinson." Ces effets irréversibles à long terme sont les moins connus, les plus sous estimés et les plus pernicieux. Les intoxications aiguës sont plus connues, car plus fréquentes. Il suffit d'une erreur de manipulation, d'une exposition au produit trop prolongée, pour ressentir des démangeaisons, des troubles de la vision, de l'appareil digestif. "Les agriculteurs victimes de ces accidents peuvent nous alerter sur le numéro vert de notre réseau Phyt'attitude, dit Rachel Le Borgne, de la MSA 22. Grâce à ces données, nous pouvons agir auprès des fabricants de produits phyto, des prescripteurs et des pouvoirs publics." Ces produits sont d'autant plus nocifs qu'ils entrent dans le corps par tous les orifices : la bouche, le nez, l'oeil et bien sûr la peau, vastes surfaces d'échange. Ils traversent même les vêtements. Véhiculés par le sang, ils se stockent peu à peu dans les os, le foie, les muscles, la graisse... D'où ces maladies qui surviennent après plusieurs années. "De par leur style de vie, les agriculteurs, précise le Dr Carozzani, sont moins sujets aux cancers que les autres catégories de la population. Mais ils présentent plus fréquemment certains cancers qui sont statistiquement corrélés à l'utilisation des produits phyto." Alors que faire ? "L'idéal serait de ne pas en utiliser", dit Frédérique Canno, de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor. Mais si l'on doit s'en servir, il faut prendre plusieurs précautions : gants, combinaisons spécialement dédiées, masques... il faut aussi savoir lire et déchiffrer les étiquettes. Ensuite, poursuit-elle, "il faut se demander s'il faut traiter, vérifier le seuil de traitement, être attentif aux conditions d'application, choisir les produits les moins toxiques, pour la santé et les plus compatibles acec l'environnement..." Il existe aussi des alternatives au traitement chimique. Les expériences, conduites sur les fermes expérimentales de la chambre d'agriculture de Bretagne, montrent que le tout chimique associé à la monoculture favorise l'explosion de la flore adventice. D'où l'intérêt de bonnes rotations, du choix des variétés et d'itinéraires techniques culturaux plus variés. "Certaines variétés de céréales, dit-elle, permettent de réduire la densité de semis de 40 %, de ne pas apporter d'azote au talage, ni de racourcisseur, de ne faire qu'un seul passage de fongicide, et de dégager de meilleurs marges." Ainsi, tout se tient : la protection de l'environnement, la santé de l'agriculteur et de sa famille, ainsi que celle de son porte-monnaie. Jean Le DouarOuest France

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